2017-09-16

Une pension viagère en 1689

1689, le 4 novembre avant midi

Un Rendez-vous Ancestral 

Saint-Julien en novembre
Je retrouve Magdalene Verdelette qui m’avait si gentiment reçue lors du dernier #RDVAncestral. Elle a 74 ans.
« Veux-tu bien m’accompagner chez maître Dessene ? J’ai rendez-vous avec Claude, mon fils aîné pour valider « l’entier payement de la pention viagère qu’il est obligé luy faire annuellement » comme il le fait depuis trois ans puisque Roustan m'a laissée veuve.

En chemin nous apercevons Claude Aymar qui nous rejoint. Sa mère lui dit : 
« Regarde Claude, comme elle contente de nous rencontrer notre descendante ! Elle raconte qu’elle a un Rendez-vous Ancestral (#RDVAncestral) à Saint-Julien.
 « Bonjour, on se connait déjà, il me semble ? »
« Oui Claude, je vois que tu es en meilleure forme que lorsque je t’avais rencontré en 1680. Tu ne pensais pas vivre si longtemps n’est-ce pas ? »

Nous entrons dans la maison des notaires Dessene que je connais bien pour avoir tenu dans mes mains plusieurs de leurs registres.


Les témoins sont déjà arrivés.
Claude me présente Jean Philibert, il doit avoir 43 ans, il est marchand. 
Êtes-vous de la famille des maçons dont j’admire les œuvres dans le bourg ?
« Oui, mon frère, FrançoisPhilibert, est maître maçon. »
Les Philibert sont nombreux ici, mais François c’est mon ancêtre (sosa 696).
Le second témoin est aussi marchand, Jean Gaillardon est un jeune homme de 25 ans.  Il me confirme qu’il est le frère de Françoise Gaillardon, mon aïeule (sosa 344)

Je suis agréablement surprise de rencontrer aujourd’hui mes deux oncles Jean, que je ne connais guère.

Claude Dessene prépare plumes et papiers. 


Puis il interroge Magdalene qui dit avoir bien reçu la pension.
« Le dernier habit elle l’a receu le mois de novembre de l’année derniere ensemble les soliers dont comme contente ladite Magdalene en quitte ledit Aymar son fils »
La vieille dame est soigneuse, ce que j’avais pu constater lorsqu’elle m’a montré le contenu de son coffre et ses coutillons biens entretenus. Son habit constitué d’un jupon piqué, d’un jupon de dessous en flanelle, d’une chemise en lin, d’un caraco, d’un devanteau et d’un joli fichu. Elle a lustré ses chaussures en cuir de Barjols qui ne sont pas encore usées. Elle dit à son fils qu’elle économise cet habit et ces so[u]liers car elle est bien contente qu’il les lui ait donnés l’année dernière.

"Mais les pots de vins, Claude, tu ne me les as pas tous apportés !" 
La mère affirme qu’ « elle n’a receu que 40 pots de cette année à compter depuis le 20 may dernier. » 

"T'inquiète ! On va s'arranger, dit le fils. Et si tu nous invitais tous à aller boire un pot de vin dans ta maison.
J'aimerais que notre descendante nous montre comment les branches de son arbre vont se relier entre les familles Aymar, Philibert et Gaillardon."


2017-08-19

Une petite croix d’or et six mouchoirs …

« N’ai-je rien oublié : six mouchoirs, une petite croix d’or, six chemises… »

Magdalene compte une fois encore ce qu’elle a couché sur son testament. Elle lève les yeux et m’accueille en disant :
« Ah ! te voilà, il me semble te connaître. C’est toi ma petite fille ? »

En effet, lors de mon précédent RDVAncestral en 1640, j’avais fait ta connaissance Magdalene. C’était le jour de ton mariage. Nous avions eu la surprise de  rencontrer nos aïeux à la XIIe génération dans la cathédrale d’Aix-en-Provence.
« J’étais bien jeune alors, mais maintenant je pense à ma vie qui va se terminer. »

A Saint-Julien, en avril

Nous sommes le 22 avril 1688 après-midi.
Aujourd'hui le notaire, Claude Dessene, est allé dans sa maison à Saint-Julien pour la rédaction de son testament.


La vieille dame, âgée de 72 ans, ne m’a pas paru très malade, même si le notaire me dit qu’elle est « atteinte de maladie corporelle ».
Je vous rassure tout de suite, elle n’est décédée que trois ans plus tard, le 2 mars 1691.
A vrai dire je l’ai plutôt trouvée en bonne forme, Magdalene Verdelette est toujours verte, pas bien grosse et même maigrelette, 
«ayant neanmoins son bon sens, ferme parole, bonne veüe et connaissance ».
Elle paraît contente de ma visite, car elle veut me montrer du linge auquel elle tient. 


Son souci est de répartir le contenu de son coffre entre ses filles.
Je crois que Jeanne qui a 28 ans est sa préférée, c’est la première dont elle me parle. Elle me montre sa croix d’or qu’elle lui donne « et encore cinq sols outre et par-dessus ce qu’elle luy peut avoir donné en son contrat de mariage » il y a cinq ans.

« plus lègue à Thérèse Aymar son autre fille la somme de trente livres. »
Thérèse âgée de 35 ans est mère de cinq enfants, elle attend le sixième.

Magdalene ouvre son coffre à linge et déplie le coutillon, une jolie jupe en piqué, la pounche qui est une pointe, et un tablier en lisat, en m’expliquant que c’est du tissu de coton plus fort que le calicot. Voilà ce qu’elle donne à Thérèse « plus deux chemises, quatre mouchoirs et un tablier de lisat, un coutillon et une pounche aussi lisat »

Magdalene espère que « quoy que leser Jeanne et Thérèse Aymar ses filles soient contentes sans pouvoir rien pretendre davantage sur son bien et heritage »

Bien sûr, grand-mère ! c’est surtout l’intention qui compte : avoir une petite croix d’or ou un joli mouchoir de leur maman, cela leur portera bonheur.

Le prix de la croix est d’environ six livres, je le sais car le mari de Jeanne en a accusé réception pour sa femme, des hoirs de Verdelette (registre 3E 430) en 1691.

Et pour Anne qu’as-tu prévu ?
« plus legue à Anne Aymar son autre fille une chemise, deux mouchoirs et cinq sols »

Et vos fils ? Ne les oubliez pas chère grand-mère !
« plus legue à Claude Aymar son fils cinq sols »
Mais il est vrai qu’il y a eu beaucoup de transactions passées entre Magdalene et Claude son fils aîné qui lui verse une pension annuellement.
Jean Aymar le plus jeune fils sera son héritier universel.


Magdalene paraît contente d’avoir pu me montrer ce qu’elle réserve à ses enfants. Voilà une maman prévoyante. Ce soir elle se sent en pleine forme, apaisée d’avoir pris ses dispositions. Elle va profiter des jours qui viennent.


Famille Aymar au XVIIe siècle :






2017-08-11

La chute du ramasseur de pommes

Qui n’aimerait pas connaître la cause des décès de ceux qui sont couchés dans les registres de sépultures ?
Je vous racontais, dans le dernier billet, comment Hélène Capon était, contre toute attente, décédée à Gréoux et inhumée dans le cimetière à côté de cette église.

Gréoux, 04


Le curé a noté  :
« après avoir receu les sacremens pendant sa maladie »

Voilà une information que l’on trouve rarement mentionnée. Ainsi Hélène qui quelques jours auparavant a parcouru les treize kilomètres pour aller assister sa belle-fille, à l’occasion de la naissance de Claude, serait morte de maladie. Bien sûr on pense à une épidémie fulgurante puisqu’elle semblait en pleine forme pour avoir fait cette route peut-être à pied, peut-être avec une mule. Elle n’avait que 61 ans.

Une épidémie ?
J’ai eu la curiosité de lire les actes de la même époque. 
Le curé précise pour tous les défunts : 
« après avoir receu les sacremens pendant sa maladie ».

En 1713, on pense à une épidémie de peste, il faudrait rechercher si elle a sévi en Provence à cette période.

Continuons à tourner les pages de ce registre, voici un acte de décès insolite :


« Claude Gazagne agé d’environ cinquante ans après avoir receu les sacremens pendant sa maladie est mort le 29 daoust de l’année 1712 et a esté enterré le lendemain dans le cimetierre de cette parroisse en foy de quoy j’ai signé Boyer Vic[aire]»
La mention marginale attire notre attention, ce n’était pas une maladie, je poserais plutôt le diagnostic d’un traumatisme crânien, sans blessure apparente :
 « estant allé cueillir les pommes le dimanche il tomba de l’arbre et de cette chute il mourut le lendemain, sans fièvre, sans rupture sans dislocation et sans donner aucune marque que les parties interieures fussent interestées ».

Oh suprise ! L’acte suivant, daté du lendemain des funérailles, donne de mauvaises nouvelles de sa femme :
« Anne Bonnefille, veufve de feu Claude Gazagne, agée d’environ trente six ans après avoir receu les sacremens pendant sa maladie est morte le dernier jour daoust de l’année 1712 et a esté enterrée le lendemain dans le cimetierre de cette parroisse en foy de quoy j’ai signé Boyer Vic[aire]»

Morte de désespoir ? 
Croyez-vous vraiment à une maladie comme il est écrit une fois encore ? On aimerait que le sieur Boyer nous dise comment elle a mis fin à ses jours, cette jeune femme qui ne pouvait plus vivre sans son époux.

Et l’histoire ne s’arrête pas là
Six mois plus tard, en février 1713, leur petit Joseph âgé de trois ans est enterré à son tour. L’enfant qui n’est pas mort de maladie, n’a pas pu vivre sans sa mère.



2017-08-03

Hélène Capon

Hélène, Elaine, Helaine _  Capon, Caponne, Capoune
(Sosa 1401)

Elle est longtemps restée mystérieuse Hélène Capon, et son prénom me touche.

Alors qu’elle a vécu trente sept ans dans le Var, à Saint-Julien, elle a réussi à nous cacher ses trois actes BMS dans les archives 04 des Alpes de Haute Provence, dans des bourgs où je n’aurais pas pensé la chercher.


Voici ses trois actes Baptême, Mariage, Sépulture, 
néanmoins passionnants, mais qui résument si peu de la vie de mon ancêtre.

Naissance
Sa famille habite à Valensole lorsque naît Hélène Caponne, le 10 avril 1651. Honoré Capon est jardinier. La mère, Catherine Arnaud, donne ensuite trois sœurs à Hélène : Marie, Jeanne et Marguerite.


Mariage
A l’âge de vingt quatre ans, Hélène épouse Claude Aymar. Rien n’explique la raison pour laquelle leur mariage a été célébré à Manosque. Ce mariage a fait l'objet du billet précédent.

Le couple vit à Saint-Julien où naissent leurs onze enfants.

Décès
En 1712, Hélène a soixante et un ans. Elle se trouve dans la maison de Maximin, son fils qui habite à Gréoux. Marguerite, sa belle-fille vient d’accoucher, leur petit Claude est né le 30 décembre.
Le 4 janvier, notre grand-mère s’éteint, elle est enterrée à Gréoux.


"Hélène Capon femme de Claude Aymar du lieu de St-Julien estant venue icy pour les couches de sa belle fille, agée environ de soixante ans après avoir receu les sacremens pendant sa maladie est morte le 4e de janvier de l'année 1713 et elle a esté enterrée le lendemain dans le cimetierre de cette parroisse"


L'église de Gréoux 

Il me semble, en feuilletant les pages de ce registre, que plusieurs personnes sont mortes de maladie à cette époque. Le curé de Gréoux emploie la même formule dans tous les actes de décès.
Nous apprendrons cependant dans un prochain billet à rester prudent et à ne pas prendre à la lettre ce qui est inscrit dans les registres de sépulture.

Gréoux

2017-07-29

A Manosque, en 1675

Cette famille Aymar, je l’aime particulièrement, les noms et les prénoms de ces ancêtres me plaisent et je les retiens bien car ils n’appartiennent qu’à des personnes uniques. Ils sont souvent mal orthographiés et se cachent dans les relevés erronés.
Alors que les autres branches naissent, vivent et meurent chez nous, à Saint-Julien-le-Montagnier, ceux-ci me font languir avant de révéler leurs lieux de mariage. Mais ... quelles surprises ! ils me réservent alors :

Rostan Aymar et Magdalene Verdelette se sont mariés en 1640, dans la cathédrale Saint-Sauveur à Aix-en-Provence, je les ai rencontrés dans mon précédent billet.
Claude Aymar, leur fils aîné, a probablement été baptisé dans cette paroisse, mais les registres ayant disparu ce sera difficile à vérifier.

Décidément les situations se reproduisent, je trouve bien des similitudes dans le parcours de ces deux générations.

Manosque, Eglise St-Sauveur
Claude Aymar a épousé Hélène Capon(ne) en l’église Saint-Sauveur à Manosque, le 10/05/1675


Ah, si je pouvais avoir des ancêtres dans ces deux villes où j’aime me promener !


Nous nous trouvions à Manosque et nous sommes entrés cette église, typique du roman provençal, cet édifice prend dorénavant une importance dans notre histoire.

Manosque, église St Sauveur

Pourquoi le mariage a t-il été célébré à Manosque, alors qu'Hélène Capon est de Valensole ?
C’est d’autant plus étonnant que Marie, la sœur d’Hélène, s’est mariée à Saint-Julien, deux mois plus tard, le 12 juillet 1675.

Des donations à l’occasion de ce mariage
Les parents de Claude Aymar lui ont fait des donations à l’occasion de son mariage. Dans des actes passés chez le notaire à Saint-Julien le 8 mai, son père lui donne une terre au lieu-dit Serracaïe.


Lisons attentivement, car tout n’est pas donné intégralement :


«La vérité est que cette donation ne sera que pour la moitié de la terre que ledit Roustan Aymar possède aud[it] Serracaïe ne faisant lad[ite demission de pred que pour bonnes et certaines considérations et pour faciliter led[it] mariage promettant led[it] Claude Aymar ne se servir de donnation que pour la moitié de lad[ite]  terre et pour cet effect a obligé tous et chacuns ses biens presens et avenir à toutes cours requises soubs deubues renonc[iation]s et seret requis acte que a este fait et publié aud[it] St Julien
 […]
n’ont signé ny les parties pour ne savoir »


Dans l'acte suivant, sa mère, Magdalene Verdelette, fait ensuite donation de trente livres.



Claude a alors 35 ans et son épouse 24 ans.

Nous les retrouverons dans les prochains billets.

2017-07-15

1640 Aix-en-Provence

Nous sommes à Aix-en-Provence, nous arrivons devant l’université où mon fils étudie.
Nous levons les yeux pour admirer le clocher de la cathédrale Saint-Sauveur.




Les cloches se mettent à sonner alors que nous pénétrons dans la nef.
Un sentiment étrange m'envahit,  est-ce à cause de la beauté du lieu ?
"Nous plongeons dans l’histoire, cela doit te plaire" me dit mon fils.



Qui sont ces gens qui prennent place devant l’autel ?
Seul mon fils remarque leurs tenues. J’ai tellement l’habitude de me transporter dans le passé que je ne suis même pas étonnée de constater que les costumes sont anciens et que l’atmosphère est particulière.
Nous nous faisons discrets et nous allons dans une nef latérale pour admirer l’architecture de la cathédrale.

Pourtant je me sens attirée par cette cérémonie qui a lieu ici. On célèbre un mariage, je tends l’oreille pour écouter ce que dit le curé dans une langue ancienne.

Rostan Aymar, fils de Peyron, 
et Magdalene Verdelette, fille d’Anthoine 
sont unis en mariage ...


Oh ! je n’en crois pas mes oreilles : Rostan Aymar !
Mais c’est notre aïeul, celui dont j’ai tant cherché le mariage à Saint-Julien.
Magdalene vit donc à Aix-en-Provence, dans cette paroisse de Saint-Sauveur, c’est inattendu.
Vais-je oser féliciter les mariés ?
Nous les voyons, mais ils ne peuvent pas comprendre notre présence.


Depuis si longtemps je souhaite les rencontrer, alors ce n’est pas le moment d’hésiter, nous devons franchir la frontière qui sépare nos mondes parallèles. J’écarte le rideau de vibrations et courageusement nous tentons de passer dans leur univers.
Est-ce que tu me suis mon gars ? Viens, nous allons nous présenter à nos ancêtres.


“Bonjour Rostan, c’est une chance de trouver toute la famille réunie pour la noce. Nous sommes les descendants de votre fils aîné, je vous connais depuis quatre siècles…”
Ouh, je ne maîtrise plus du tout la temporalité. Le passage du XXIe siècle au XVIIe s’avère périlleux.
Le jeune homme esquisse une grimace dubitative. Mon fils essaye de sauver la situation.
“Cher grand-père, on ne s’attendait pas à vous rencontrer ici. Je vis à Aix en 2017.”
Peyron Aymar, son père, vient nous saluer, je lui dis :
“Vos noms à tous sonnent bien dans mon arbre où les branches Aymar apparaissent bien solides.”
Mon fils se sent obligé d’expliquer que je parle d’arbres généalogiques.

Voilà que s’approche Magdalene Verdelette, petite et menue comme une brindille. Elle me demande de lui raconter ses enfants qui vont naître. Je la rassure en répétant que leur fils ne va pas tarder à pointer son nez. Cependant je ne peux pas renverser les rôles et lui poser la question pour savoir s’il est baptisé dans cette cathédrale. Il me semble compliqué de lui dire que j’ai rencontré Claude lors du rendez-vous ancestral (#RDVAncestral n°6). Il pensait mourir et je l’ai un peu houspillé car il est bien plusvaillant qu’il ne le croit.


La jeune femme me prend par la main et m'emmène devant cette statue qui lui ressemble.

"Chère Magdalene, sache que tu es la mère d'une descendance innombrable, prends soin de vous tous, et soyez heureux "
lui dis-je, avant de rentrer dans notre époque.


C'était mon Rendez-vous Ancestral n°11.
Au clic
Pour découvrir tous mes #RDVAncestral
Pour aller sur le site rdvancestral.com


2017-07-14

Hit des articles ChallengeAZ 2017

Je remercie les nombreux lecteurs qui ont lu et aimé mes articles, en particulier ceux qui ont partagé sur Twitter et Fb. 
J’ai apprécié tous vos commentaires sympathiques qui m’incitent à écrire.

En juin,  11472 pages vues d’après Blogger
Selon Google Analytics le nombre est plus réaliste.

Si l’un d’entre vous peut me donner des explications pour mieux comprendre leurs statistiques, j’ai besoin de formation … 



Révolution Française




Le rendez-vous ancestral le plus effrayant : O _Ossuaire #RDVAncestral

La chute la plus inattendue : Le sang de l’abbé Sauvade

Les billets les plus tristes : presque tous

Le billet le plus fou : R_Révolution

Le billet le plus court : P_PierreScize en 100 mots

Le billet sourire : X_se croiser

Le billet en écho avec l’actualité : Émigrer

Les portraits des hommes :

Les portraits des femmes : 
Sophie, Catherine   et les veuves oubliées dans l’ombre …

Des enfants :


2017-07-05

Bilan ChallengeAZ 2017

Il fut terrible ce challenge sur le thème de la Révolution.

Au fils de jours les têtes sont tombées. Je n’ai jamais eu autant de morts dans un challengeAZ.



Étaient-ils des Honnêtes Hommes ? Je ne me permettrais pas de les juger car personne n'aurait souhaité être à leur place.

François a été fusillé, le sang de l’abbé Sauvade a coulé sur l’échafaud, Une mère et son fils, ainsi que le sieur Barou du Soleil et Gaspard ont été guillotinés, je les ai même rencontrés lors d’un rendez-vous Ancestral dans l’Ossuaire.

Le chapelier Joseph P. a pu garder la tête sur les épaules en Emigrant comme les frères Margaron qui avaient été Dénonçés.

Sophie et Félicité ont eu  l’Idée de Divorcer et de sauver leurs biens.


Ils nous emmènent à Lyon, à Marseille, à Paris, en Mâconnais, en Auvergne, dans le Vivarais - Velay, en Provence, à Saint-Tropez ... alors que se dessinent les départements (joKer) et que les archives constituent leurs Inventaires qui nous seront précieux.

Nous avons entendu les échos du Quatorze Juillet, nous avons vu tomber les Pierres.

Quelques-Z-enfants ont causé des inquiétudes, d’autres ont reçu des prénoms révolutionnaires (W)


Nos Ancêtres ont rédigé des Cahiers de doléances car ils avaient Trop de revendications.



Je suis ravie que ces personnages aient pris vie et se soient croisés au carrefour (X) de ces 26 pages.
J’espère vous donner des pistes pour aller à la rencontre des vôtres entre 1789 et 1799.

2017-06-30

Z_Allons-Z-enfants

Les soldats de l’an II


Après la Révolution, plusieurs décrets de mobilisation des jeunes gens ont suscité du mécontentement au sein de la population.


Le 22 février 1793, la Convention décida une levée de 300 000 hommes. On fit appel aux volontaires, mais comme vous vous en doutez, ils ne se précipitèrent pas ! 



Le 23 août 1793, c’est une levée en masse par tirage au sort, le service militaire devint obligatoire sans qu’il fut permis de se faire remplacer en payant.

D'abord tous les garçons de 18 à 25 ans étaient concernés, puis tous les hommes, entre 18 et 40 ans, célibataires ou veufs et sans enfants.

L’ordre était donné d’arrêter les pères et les mères des jeunes conscrits qui avaient déserté.




Les conscrits réfractaires devaient se cacher, quitter leur village. Ils se réfugiaient en bande dans les bois, ils braconnaient; ils entraient dans la clandestinité avec le risque de s'allier à des brigands pour se nourrir. 
Le brigandage était fréquent dans cette période, par conséquent les routes étaient peu sûres. Les populations villageoises étaient complices ou victimes, la répression a été terrible.

Tout cela a provoqué beaucoup d’agitation et de révoltes dans les campagnes françaises, particulièrement dans les régions de Provence et Vivarais-Velay qui me sont proches.

Il faudrait aller dans nos forêts et recenser parmi nos ancêtres, leurs frères et leurs cousins, que sont-ils devenus tous ces gars susceptibles d’être réquisitionnés ?
Je ne les ai pas encore tous mobilisés ces jeunes garçons qui restent encore cachés dans mes forêts généalogiques, mais cela pourrait être un projet.

Et vous, connaissez-vous les vôtres ?


Bibliographie :
  • La vie sociale en Provence intérieure au lendemain de la Révolution, Maurice Agulhon, 1970
  • Alan Forrest, L’armée de l’an II : la levée en masse et la création d’un mythe républicain, Annales historiques de la Révolution française [En ligne], 335 | janvier-mars 2004
https://ahrf.revues.org/1385



2017-06-29

Y_l’idée de Félicité

En 1790, trois fillettes discutent au milieu des fleurs du jardin. 



Nina est une ravissante poupée âgée de quatre ans. Pauline et Henriette, ses demi-sœurs, l’écoutent avec une tendresse doublée d’une certaine jalousie car la petite fille attire toutes les attentions.  Plus tard, elle sera une jeune femme très courtisée.

Écoutons-les :

Mon papa est un héros, affirme la petite.
Oh tu as bien de la chance que ton père soit vivant, lorsque j’avais ton âge, le nôtre était déjà mort, dit Henriette, l’aînée qui vient de fêter ses douze ans.
Mon papa, c’est votre papa maintenant. Je veux bien vous le prêter puisque vous n’en avez plus et que vous êtes mes sœurs, dit Nina qui essaye de rattraper sa bévue.
Pourquoi dis-tu que Félicité est un héros ? Insiste Pauline, de deux ans sa cadette.
Mon papa, il nous a sauvés des méchants qui voulaient brûler le château. Mais il n’a pas eu peur, il a dit « Sortez les tonneaux des cave et servez à boire à ces hommes »



Oui, je m’en souviens dit Pauline. Sophie, notre maman, nous disait de rester sans pleurer auprès d’elle.

Alors les hommes ont rit très fort, ils ont bu le vin, ajoute Henriette, mais maman n'a pas voulu que nous allions les voir. Nous nous sommes retirés dans les chambres, je sentais bien que Maman était inquiète. Les hommes étaient bruyants, il y a eu des bagarres.


J’ai une question, ajoute Nina
Est-ce que les sans-culotte n’avaient pas de culotte ?

Les trois sœurs éclatent de rire et s’envolent à la poursuite des papillons dans les massifs de fleurs.

2017-06-28

X_ Se croiser

Auraient-ils eu l’occasion de se croiser, tous nos ancêtres, pendant cette période troublée de la Révolution française ?





Je ne crois pas, 
la vie de chacune de nos familles était trop différente pour qu’elles aient pu se rencontrer.

Le port de Marseille, Joseph Vernet


Mais, peut-être à Marseille ?

Il n’est pas impossible que certains mes ancêtres aient croisé le chapelier Joseph P, aïeul de mon mari.

Imaginons ces hommes :
Guillaume Nicolas et Toussaint Cauvin, les jardiniers, lui auraient acheté des chapeaux de paille.
Nicolas Deleurye, le marchand pelletier, l’aurait rencontré à la foire de Beaucaire
Jean Baptiste Simon, le marin l’aurait bousculé alors qu’il courait s’embarquer sur le port. Celui-ci aurait d'ailleurs pu croiser d’autres de mes marins tropéziens en partance pour le Levant.

Il faudrait leur dire : 

Messieurs,
Gardez votre tête sur les épaules
Prenez le temps d'échanger un sourire.
Dans deux siècles 
vous aurez des descendants communs.


2017-06-27

W_ Victoire et Marianne



Les jumelles Victoire et Marianne sont nées le 25 frimaire de l’an 4, à Saint-Tropez
Leurs parents ont choisi ces beaux prénoms dans l’air du temps de la Révolution et ce double choix me laisse deviner leur tendance politique.

Marianne
Les prénoms Marie Anne sont les plus répandus en Provence au XVIIIème siècle. Sainte Anne est la mère de la Vierge Marie, on met les fillettes sous la protection de l’une ou de l’autre et on peut associer les deux, bien avant que Marianne n’incarne le symbole de la république
Ces deux prénoms forment le premier prénom composé, d’ailleurs suivant les actes on écrit Marianne ou Marie Anne.
En ce qui concerne notre Marianne, l’intention républicaine ne fait aucun doute si on met en parallèle le prénom de sa sœur jumelle Victoire.

Victoire
Plein d’espoir ce prénom donne une grande force à la femme qui le porte.
Victoire a une cousine germaine, prénommée Victoire Sabine, elle est née deux ans avant elle, en 1792. 
Le prénom Victoire s’est transmis aux descendantes de notre aïeule (sosa 17)
C’était le second prénom de ses deux filles. L’aînée s’appelle « Ursule » Victoire Louise. La quatrième Marie Victoire est mère d’une Victoire Marie


Il y a même chez les contemporains une Victoria qui doit tout ignorer de l’origine de son prénom. Je serai heureuse de lui conter la vie de notre aïeule.




Victoire et Marianne SIMON ont vécu dans ces maisons à Saint-Tropez. Leur père Bruno SIMON était capitaine marin.
J’ai écrit un petit article pour situer les jumelles dans nos familles de marins à Saint-Tropez. C'était lors du ChallengeAZ 2015, comme je l’aime bien je vous donne le lien pour le lire :


Bibliographie
  • Bernard Cousin, Prénommer en Provence (XVIe-XIXe siècle), in Provence Historique , n°212, 2003
http://provence-historique.mmsh.univ-aix.fr/n/2003/Pages/PH-2003-53-212_03.aspx