2016-02-07

Voyager au XXIe siècle

Certains de mes ancêtres ont fait de beaux voyages : de longues traversées en mer pour les marins tropéziens, pour d’autres des trajets par les routes de terre qui restent à situer dans leurs histoires.
Que penseraient-ils si je leur racontais mes voyages au XXIe siècle ? Laissez-moi les étonner à mon tour puisque leurs vies ne cessent de susciter mon imagination, d’occuper mes recherches et d’aller de surprises en découvertes.
Chers ancêtres,
Vous allez penser que vos descendants de l’an 2016 sont atteint de folie. Je vous l’accorde, il m’arrive de le penser moi aussi.
Ce matin, votre petit-fils s’est envolé pour Londres. Oui, envolé au-dessus des nuages, vous m’entendez bien ? Le vent soufflait en tempête, il pleuvait des trombes d’eau, la météo se détraque ces temps-ci. J’ai un peu honte de vous avouer que nous avons négligé la planète qui se détériore de plus en plus inexorablement. Mais nous avons des avantages, le pétrole permet aux avions d’aller si vite, si loin. Pourquoi ce jeune homme est-il allé à Londres ? Pour rien, pour changer d’avion ; à peine une visite de quelques heures dans la City. Ensuite il est monté dans un Boeing qui traverse l’Atlantique en quelques heures. Direction l’hémisphère sud, escale à Sao Paulo, pas le temps de voir la ville.  Supersonique je vous explique. Atterrissage en Argentine où il va séjourner.
Antoine, l’aviateur, si tu n’étais pas mort en 1917, tu aurais vu comme il était fréquent pour tes petits enfants de prendre des avions qui t’auraient bien intéressé.
Pendant ce temps, nous partons nous aussi de Lyon, l’avion s’élève au-dessus des Alpes ; cet hiver il a enfin neigé, les sommets deviennent roses. 4h plus tard, l’avion perd de la vitesse, il plonge dans un scintillement de lumières, dans un conte des mille et une nuits. Nous arrivons à Istanbul. C’est le nom actuel de Constantinople où tu mourus, Jean François Simon, le 14 novembre 1767, tu étais parti en caravane au Levant.


Le lendemain nous embarquons pour un long vol transatlantique de 12254 km qui ne durera que 15 heures. Combien de semaines, combien de tempêtes ont affronté vos bateaux ? Aujourd’hui quelques turbulences, on attache nos ceintures, même pas peur.

Sur l‘ordinateur de bord nous situons les Dardanelles ; un terrible souvenir pour toi Marius, c’était la guerre sur le Front d’Orient, tu fus blessé plusieurs fois.
Nous passons la Méditerranée où vous avez navigué vaillamment, tout au long des siècles.
A la vitesse de 900 km / heure, vous me croyez si vous voulez, nous serons ce soir à Buenos Aires.

Vos fils marins ont connu ces terres d’Amérique du Sud. Antoine Ricard, je sais que ton fils a déserté pour rester à Montevideo. 

Quant à toi, belle Nina, il faudra que tu nous racontes tes aventures, toi qui partis pour vivre en Argentine. Je suis impatiente de les écrire.

1 commentaire:

  1. Belle idée de comparer ainsi notre façon de voyager avec celle de nos ancêtres.

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