2017-04-15

Je ne suis pas votre ancêtre

Ce Rendez-vous Ancestral (#RDVAncestral) du mois d’avril est encore un peu manqué ! 

Trop heureuse d’avoir trouvé le père de Claude Sauvade, ancêtre de mes enfants (sosa 94), je vais voir le baptême célébré dans la Loire, à Saint-Etienne, le 29 septembre 1778, dans la paroisse Saint-Etienne justement.
Je me présente à Jacques Sauvade qui me reçoit avec un air distant.
« Vous faites erreur, Madame, je ne crois pas vous avoir invitée au baptême de mon fils. »

J’essaye de lui expliquer que nous sommes ses descendants. Claude Sauvade va vivre longtemps, il habitera Saint-Etienne au n°27 de la rue Neuve, il décédera à Crémerieux, en août 1858 à l’âge de soixante dix-huit ans. Voici son portrait :

Claude Sauvade

Jacques Sauvade me fait remarquer que je ne sais pas compter avec exactitude.
La recherche généalogique exige de la rigueur, me dit-il, moqueur.
J’en conviens mais j’essaye d’expliquer combien il a été long de chercher dans les registres toutes les paroisses de Saint-Etienne. J’étais trop satisfaite lorsque j’ai trouvé la famille du nouveau-né baptisé ici, au nom de Jean Claude Marie Sauvade.


Je tente de confier que je me suis sentie proche des parents de Gabrielle la jeune maman. Un jour nous sommes même allés jusqu’à Saint-Romain-les-Atheux. En suivant la route que ce marchand devait bien connaître pour se rendre à Saint-Etienne, j’ai pensé à son aïeul, André Couturier. Comme s’il était notre ancêtre.

Mais nous ne somme pas vos ancêtres ! affirme Jacques péremptoire.

Alors, tout cet arbre magnifique que j’ai réussi à reconstituer… Dois-je le déraciner ? J’accuse le choc, ne sachant encore si je dois le croire.

J’ai cherché longtemps l’origine de la famille Sauvade.  Lorsque j’ai pu agréger à cette branche cinq générations de célèbres papetiers d’Ambert, lesquels sont les ancêtres de Jacques, j’ai trouvé cela passionnant. Dois-je renoncer et les décrocher de notre arbre ? Jeter tous les actes que j’ai récoltés aux AD 63 ?

Jacques me rassure en me disant de poursuivre mes recherches sur ses ancêtres à Ambert. Un peu moqueur, il ajoute que je ne suis pas très loin de trouver notre Claude Sauvade.
Mais il ne peut pas encore me donner des indices, car celui naîtra un an plus tard. 

(à suivre...)

2017-04-13

Généalogie en Colombie (3)

El renacer de los dinfuntos_  la renaissance des défunts



Pour célébrer la glorification des ancêtres, les rites funéraires réunissaient le groupe familial ainsi que toute la communauté. Lors des cérémonies, la musique et les danses avaient pour fonction d’appeler le défunt à une renaissance dans le monde souterrain. Pendant ce temps les hommes creusaient la terre pour inhumer le corps et disposer des trésors façonnés par les orfèvres qui excellaient dans le travail de l’or.
Museo del oro, Cartagena

Les rotondités que l’on retrouve sur les pièces, les pectoraux et les bijoux évoquent tout à la fois la gestation, l’annonce d’une nouvelle vie ou la renaissance des défunts.


La rondeur du tumulus était une allusion au sein de la mère.
Sur la tombe on plantait un arbre, symbole de fertilité et de vie nouvelle. 

Dans les branches, on accrochait des cloches qui tintinnabulaient avec le souffle du vent.

2017-04-09

Des arbres généalogiques en Colombie (2)

Los Tatarabuelos de Guillermo

En visite à Popayan, dans la maison d’un homme politique et poète, nous avons été impressionnés par son arbre généalogique.


Les tatarabuelos de Guillermo Valencia ont construit cette belle demeure en 1720. La sonorité du mot « tatarabuelo » désigne génialement les trisaïeuls, n’est-ce pas !
Voici les portraits des ancêtres mis à l’honneur dans le salon de leur maison qui a survécu au tremblement de terre qui en 1983 détruisit la "ville blanche".


Guillermo Valencia (1873-1943) a eu cinq enfants avec Josefina Muños, ils portent le patronyme  Valencia y Muños. Il n’a pas donné son nom aux enfants nés hors mariage, même si la paternité était connue de tout le monde. Son fils Guillermo Leoń Valencia Muños fut président de Colombie. Sa fille Josefina réforma la constitution pour accorder le droit de vote aux femmes.

2017-04-02

Des arbres généalogiques en Colombie (1)

Il est intéressant de voir les pratiques de la généalogie lorsque nous voyageons dans les contrées lointaines.
Nous étions en Colombie, j'ai eu envie de collectionner les photos d’arbres généalogiques rencontrées dans les musées.


Une collection de photos que l'on rêverait d'avoir, placées dans des médaillons, serrées les unes contres les autres occupant tout l'espace à l'intérieur d'un beau graphisme, des signatures, une date : 1915. Il n'y a pas de femmes, est-ce un arbre généalogique ?

Ci-dessous admirons un très grand arbre généalogique, il a fallu assembler deux photos pour le reconstituer intégralement. Du rameau supérieur descendent une multitude de feuilles diaphanes avec un prénom et un nom soigneusement inscrits selon les familles : sur le bord extérieur des feuilles, transversalement  ou dessinant des nervures fines. Regardons-le en détail, c'est un chef d'oeuvre.

Barichara, casa de la cultura

Des amis ayant amené la conversation au sujet de leur généalogie s’étonnent de la facilité des recherches en France. Comme beaucoup de néophytes, la mémoire de la plupart des personnes ne remonte guère plus loin que leur grands-parents, ils connaissent à peine le nom de leurs arrières-grands-parents, à moins d’être issu d'une famille dont l’histoire est valorisée.

En Amérique du sud les descendants des conquistadores ont transmis des patronymes paternels et maternels dont l’origine est espagnole, ils dominent dans le pays.
L’ascendance indigène est plus difficile à retracer, je suppose qu’il existe des registres de baptêmes qu'il faudrait retrouver..
La population s’est métissée au fil des siècles, il doit être passionnant de faire de la généalogie en Colombie. Si j’avais le temps j’aimerais accompagner mes amis à la recherche des archives.

Juste pour rêver devant cette installation au musée d'Antioquia.
S'asseoir devant ce magnifique arbre aux fleurs jaunes d'or, nommé guyacan, se déchausser et méditer. Une pluie de feuilles d'or tombe sur la terre-mère et un tout petit personnage, vêtu d'une robe blanche, s'avance vers l'arbre magique. Serait-ce le spectateur qui entre dans le tableau ?

El pueblo y el guayacan , Ethel Gilmour, museo de Antioquia, Medellin