2017-08-11

La chute du ramasseur de pommes

Qui n’aimerait pas connaître la cause des décès de ceux qui sont couchés dans les registres de sépultures ?
Je vous racontais, dans le dernier billet, comment Hélène Capon était, contre toute attente, décédée à Gréoux et inhumée dans le cimetière à côté de cette église.

Gréoux, 04


Le curé a noté  :
« après avoir receu les sacremens pendant sa maladie »

Voilà une information que l’on trouve rarement mentionnée. Ainsi Hélène qui quelques jours auparavant a parcouru les treize kilomètres pour aller assister sa belle-fille, à l’occasion de la naissance de Claude, serait morte de maladie. Bien sûr on pense à une épidémie fulgurante puisqu’elle semblait en pleine forme pour avoir fait cette route peut-être à pied, peut-être avec une mule. Elle n’avait que 61 ans.

Une épidémie ?
J’ai eu la curiosité de lire les actes de la même époque. 
Le curé précise pour tous les défunts : 
« après avoir receu les sacremens pendant sa maladie ».

En 1713, on pense à une épidémie de peste, il faudrait rechercher si elle a sévi en Provence à cette période.

Continuons à tourner les pages de ce registre, voici un acte de décès insolite :


« Claude Gazagne agé d’environ cinquante ans après avoir receu les sacremens pendant sa maladie est mort le 29 daoust de l’année 1712 et a esté enterré le lendemain dans le cimetierre de cette parroisse en foy de quoy j’ai signé Boyer Vic[aire]»
La mention marginale attire notre attention, ce n’était pas une maladie, je poserais plutôt le diagnostic d’un traumatisme crânien, sans blessure apparente :
 « estant allé cueillir les pommes le dimanche il tomba de l’arbre et de cette chute il mourut le lendemain, sans fièvre, sans rupture sans dislocation et sans donner aucune marque que les parties interieures fussent interestées ».

Oh suprise ! L’acte suivant, daté du lendemain des funérailles, donne de mauvaises nouvelles de sa femme :
« Anne Bonnefille, veufve de feu Claude Gazagne, agée d’environ trente six ans après avoir receu les sacremens pendant sa maladie est morte le dernier jour daoust de l’année 1712 et a esté enterrée le lendemain dans le cimetierre de cette parroisse en foy de quoy j’ai signé Boyer Vic[aire]»

Morte de désespoir ? 
Croyez-vous vraiment à une maladie comme il est écrit une fois encore ? On aimerait que le sieur Boyer nous dise comment elle a mis fin à ses jours, cette jeune femme qui ne pouvait plus vivre sans son époux.

Et l’histoire ne s’arrête pas là
Six mois plus tard, en février 1713, leur petit Joseph âgé de trois ans est enterré à son tour. L’enfant qui n’est pas mort de maladie, n’a pas pu vivre sans sa mère.



2017-08-03

Hélène Capon

Hélène, Elaine, Helaine _  Capon, Caponne, Capoune
(Sosa 1401)

Elle est longtemps restée mystérieuse Hélène Capon, et son prénom me touche.

Alors qu’elle a vécu trente sept ans dans le Var, à Saint-Julien, elle a réussi à nous cacher ses trois actes BMS dans les archives 04 des Alpes de Haute Provence, dans des bourgs où je n’aurais pas pensé la chercher.


Voici ses trois actes Baptême, Mariage, Sépulture, 
néanmoins passionnants, mais qui résument si peu de la vie de mon ancêtre.

Naissance
Sa famille habite à Valensole lorsque naît Hélène Caponne, le 10 avril 1651. Honoré Capon est jardinier. La mère, Catherine Arnaud, donne ensuite trois sœurs à Hélène : Marie, Jeanne et Marguerite.


Mariage
A l’âge de vingt quatre ans, Hélène épouse Claude Aymar. Rien n’explique la raison pour laquelle leur mariage a été célébré à Manosque. Ce mariage a fait l'objet du billet précédent.

Le couple vit à Saint-Julien où naissent leurs onze enfants.

Décès
En 1712, Hélène a soixante et un ans. Elle se trouve dans la maison de Maximin, son fils qui habite à Gréoux. Marguerite, sa belle-fille vient d’accoucher, leur petit Claude est né le 30 décembre.
Le 4 janvier, notre grand-mère s’éteint, elle est enterrée à Gréoux.


"Hélène Capon femme de Claude Aymar du lieu de St-Julien estant venue icy pour les couches de sa belle fille, agée environ de soixante ans après avoir receu les sacremens pendant sa maladie est morte le 4e de janvier de l'année 1713 et elle a esté enterrée le lendemain dans le cimetierre de cette parroisse"


L'église de Gréoux 

Il me semble, en feuilletant les pages de ce registre, que plusieurs personnes sont mortes de maladie à cette époque. Le curé de Gréoux emploie la même formule dans tous les actes de décès.
Nous apprendrons cependant dans un prochain billet à rester prudent et à ne pas prendre à la lettre ce qui est inscrit dans les registres de sépulture.

Gréoux

Claude Aymar reste veuf pendant sept ans. Lui qui, en 1688, pensait qu’il allait mourir lorsque j’ai écrit le RDVAncestral, il est encore bien plus vaillant qu’il ne croit.


Famille Aymar au XVIIe siècle :