2017-09-27

Une constellation familiale en Luberon

Nuit étoilée en Provence _ Vincent Van Gogh
Le ciel du Luberon offre une exceptionnelle luminosité, c'est à Saint-Michel que se trouve l'Observatoire de Haute-Provence.
Mon ancêtre, Jean Mauroux, qui habite Aubenas, s’est rendu à Saint-Michel pour déposer son testament chez Me Beaudin, notaire.

C’était en 1656, le vingt uniesme jour du mois d'aoust.

A cette période de l’été, les étoiles filantes enchantent les nuits provençales. Lorsqu’on en voit une, il faut vite énoncer trois vœux.
Les miens ont porté leurs fruits cet été ; ayant cherché ce testament à Digne, dans les archives 04, j’ai trouvé ce registre (cote2E12994) qui nous éclaire sur la famille.


La constellation familiale autour d’Estienne Mauroux (sosa 1162) se dessine et rassemble les individus dispersés dans les villages voisins où j'ai aimé m'attarder un soir d'été en pensant à leur vie.



Voici ses sœurs, et ses neveux (clic pour agrandir)

Ce testament nous apprend le prénom de l’aïeul, Balthazar Mauroux (sosa 4648).
Il y a trop de lacunes dans les registres paroissiaux d’Aubenas-les-Alpes qui ne commencent qu’en 1668. Hélas, je ne trouverai jamais les dates de naissance des enfants de Jean, ni aucun renseignement sur sa parenté.

L’épouse de Jean est Magdeleine Reynier (sosa 2325), j’aimerais bien pouvoir la relier à ses parents, notamment à Louyse Reynier avec qui Jean signe des quittances et dont le testament se trouve dans ce registre.
Je vais donc m’intéresser aux sœurs d’Estienne qui rayonnent autour d’Aubenas :
Catherine est l’épouse d’André Croze Magnan, demeurant à Saint-Mayme.
Venture au joli prénom est veuve d’Antoine Doneaud à Vachères.
Jeanne est l’épouse de Vincens Arneaud de Reillane.
Gaspard est marié avec Marguerite Simeon(ne).
Fils aîné, il hérite des propriétés de ses parents, ses sœurs ont été mariées dans les bourgs alentours, tandis qu'Estienne, qui habite Marseille, ne doit pas revenir souvent.
Pour parler d’Estienne, je ne connais de mon aïeul que son contrat de mariage avec Anne Gatte, en 1655, et celui de sa fille Thérèse Mauroux en 1677, dans les registres trouvés à Marseille.

Chacun a reçu son héritage lors du contrat de mariage. Le père fait quelques réajustements en leur donnant trois livres supplémentaires.
Il n’oublie pas de confier à Gaspard le soin d’entretenir et de nourrir sa mère, ce qui ne sera pas une grosse charge puisque Magdeleine Reynier ne survivra à son époux que quatorze mois.
Jean Mauroux va mourir le 1 octobre 1670 à Aubenas.


L’an dernier, j’ai visité avec ravissement le minuscule village d’Aubenas les Alpes et je vous propose de suivre le lien pour voir les belles rencontres qui m’ont fait découvrir les bastides Mauroux et Reynier. Je ne m’attendais pas à voir  ces maisons aussi solidement habitées.
A visiter :

2017-09-16

Une pension viagère en 1689

1689, le 4 novembre avant midi

Un Rendez-vous Ancestral 

Saint-Julien en novembre
Je retrouve Magdalene Verdelette qui m’avait si gentiment reçue lors du dernier #RDVAncestral. Elle a 74 ans.
« Veux-tu bien m’accompagner chez maître Dessene ? J’ai rendez-vous avec Claude, mon fils aîné pour valider « l’entier payement de la pention viagère qu’il est obligé luy faire annuellement » comme il le fait depuis trois ans puisque Roustan m'a laissée veuve.

En chemin nous apercevons Claude Aymar qui nous rejoint. Sa mère lui dit : 
« Regarde Claude, comme elle contente de nous rencontrer notre descendante ! Elle raconte qu’elle a un Rendez-vous Ancestral (#RDVAncestral) à Saint-Julien.
 « Bonjour, on se connait déjà, il me semble ? »
« Oui Claude, je vois que tu es en meilleure forme que lorsque je t’avais rencontré en 1680. Tu ne pensais pas vivre si longtemps n’est-ce pas ? »

Nous entrons dans la maison des notaires Dessene que je connais bien pour avoir tenu dans mes mains plusieurs de leurs registres.


Les témoins sont déjà arrivés.
Claude me présente Jean Philibert, il doit avoir 43 ans, il est marchand. 
Êtes-vous de la famille des maçons dont j’admire les œuvres dans le bourg ?
« Oui, mon frère, FrançoisPhilibert, est maître maçon. »
Les Philibert sont nombreux ici, mais François c’est mon ancêtre (sosa 696).
Le second témoin est aussi marchand, Jean Gaillardon est un jeune homme de 25 ans.  Il me confirme qu’il est le frère de Françoise Gaillardon, mon aïeule (sosa 344)

Je suis agréablement surprise de rencontrer aujourd’hui mes deux oncles Jean, que je ne connais guère.

Claude Dessene prépare plumes et papiers. 


Puis il interroge Magdalene qui dit avoir bien reçu la pension.
« Le dernier habit elle l’a receu le mois de novembre de l’année derniere ensemble les soliers dont comme contente ladite Magdalene en quitte ledit Aymar son fils »
La vieille dame est soigneuse, ce que j’avais pu constater lorsqu’elle m’a montré le contenu de son coffre et ses coutillons biens entretenus. Son habit constitué d’un jupon piqué, d’un jupon de dessous en flanelle, d’une chemise en lin, d’un caraco, d’un devanteau et d’un joli fichu. Elle a lustré ses chaussures en cuir de Barjols qui ne sont pas encore usées. Elle dit à son fils qu’elle économise cet habit et ces so[u]liers car elle est bien contente qu’il les lui ait donnés l’année dernière.

"Mais les pots de vins, Claude, tu ne me les as pas tous apportés !" 
La mère affirme qu’ « elle n’a receu que 40 pots de cette année à compter depuis le 20 may dernier. » 

"T'inquiète ! On va s'arranger, dit le fils. Et si tu nous invitais tous à aller boire un pot de vin dans ta maison.
J'aimerais que notre descendante nous montre comment les branches de son arbre vont se relier entre les familles Aymar, Philibert et Gaillardon."