2017-12-10

Une correspondance 1GM

Le bonheur de se voir confier un fonds de correspondance, l’impatience d’avoir des nouvelles de la famille, l’étonnement de comprendre la vie quotidienne à Lyon pendant la Grande Guerre.

J’ai passé tant de jours à lire les lettres que Marie Leclerc a adressées à André son époux entre août 1914 et avril 1919, alors il m’arrive de dire qu’elle les a écrites pour nous aussi.
Elles ont été conservées soigneusement pendant un siècle, dans cette boîte bleue.


783 lettres : le nombre est impressionnant.

Marie envoyait une lettre tous les deux jours, il lui arrivait même d’écrire deux fois par jour.


Devant l’ampleur de la tâche j’ai pensé renoncer, refermer la boîte bleue et laisser dormir cette correspondance. 

L’exposition aux Archives de Lyon « 14/18 – Lyon, jour après jour »

m’a motivée pour faire la présentation de cette correspondance, lors de la semaine de la généalogie, puisque ces lettres décrivent la vie quotidienne des familles à Lyon depuis l’annonce de la mobilisation jusqu’au retour de la paix à Lyon. Il s’avère d’ailleurs que les correspondances féminines sont bien plus rarement conservées que les missives des soldats. 

J’ai donc persévéré dans la lecture de ces archives, en dressant en même temps l’inventaire exhaustif des lettres classées par date.
J’ai procédé à la numérisation des pages les plus significatives.
Il est très important de faire régulièrement plusieurs sauvegardes, notamment dans le cloud, pour partager avec les cousins et valoriser cet archivage.

Au fil de la lecture, j’ai pris moultes notes sur le thème de la vie quotidienne à Lyon, mais aussi sur les nouvelles que la jeune femme donnait au sujet de la famille et des relations. (André est un cousin éloigné de Thérèse, grand-mère de mon époux. Marie la rencontrait souvent place Bellecour, voir #RDVAncestral)

Je n’ai pas résisté à faire certaines recherches pour situer les amis dont elle parlait et certains se sont révélés être des cousins qu'il fallut relier dans l’arbre de Marie L. que je complétais ainsi.

Il était tentant de chercher la documentation pour comprendre l’Histoire et illustrer la présentation. Naturellement j’ai vérifié les Morts pour la France, indexant ceux qui apparaissaient au fil des décès que les lettres annonçaient ; parfois, lorsqu’il était question de soldat disparu ou présumé prisonnier, il m’arrivait de vérifier qu’il n’était pas déjà mort sur le site Mémoire des Hommes.

Lorsque la dernière lettre a été rangée, me voilà en train de reprendre le début du courrier de l’année 1914 que j’avais lu trop vite, il devenait important de noter plus de phrases, de numériser davantage de lettres, puisque je situais mieux certaines personnes. 

J’avais annoncé ce projet lors du généathème de janvier 2017, mais il n’était pas facile de tenir la longueur sans trop me disperser, car je voulais avoir terminé la lecture et l’inventaire avant la fin de l’été.
Mission accomplie : le diaporama PowerPoint a été présenté plusieurs fois en novembre dernier, aux Archives de Lyon et au groupe Patrimoine et Familles du Lyonnais de la SGLB.


6 commentaires:

  1. Bonsoir Marie,
    Toujours contente de te lire et d'avoir pu assister à ton exposé aux archives.
    Véro

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  2. Ta présence attentive aux Archives de Lyon était très appréciable. Au plaisir d'une nouvelle rencontre!

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  3. Passionnant, un travail de longue haleine qui a du effectivement t'apporter beaucoup d'émotion

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  4. Quel travail impressionnant et passionnant ! Vous devez être tellement heureuse de détenir ce trésor ! Pouvoir le partager est la plus belle des choses... bravo pour votre dévouement !

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  5. Quelle chance d'avoir un tel fonds documentaire ! Qui plus est, une correspondance fournie d'une période très riche historiquement. Bravo pour le travail accompli. Je rêverais de retrouver une série de correspondances de mes aïeux...

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  6. Merci pour vos commentaires.
    Ce fonds d’archives est conservé par des cousins qui me l’ont prêté. J’ai rendu cette boîte bleue après avoir numérisé l’essentiel.
    Ces correspondances ne sont pas celles de nos ancêtres, mais il arrive qu’au détour d’une lettre je reçoive ainsi de leurs nouvelles.

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