2016-06-19

P_Pénitents Blancs en Provence


Les Pénitents sont des laïcs réunis en confrérie typique de la sociabilité méridionale[1]. Ils s’occupent des problèmes locaux, d’œuvres de charité, ils portent assistance aux malades et aux mourants.
La plus importante de leurs fonctions publiques est d’organiser les funérailles. Ils avaient l'obligation d'être présents à l'enterrement des "frères". En écrivant cela, je prends conscience de ce qu’étaient les enterrements de mes ancêtres à Saint-Julien. Le cortège partait de la maison du défunt et se rendait à l’église ; si le défunt était une personnalité importante la procession faisait « le grand tour de ville »[2]. Je peux tout à fait imaginer cela : les pénitents revêtus d’une robe qui était plutôt un sac, la tête coiffée d’une cagoule dans un drap blanc.
D’autres processions étaient organisées pour maintes occasions.
A Saint-Julien les réunions de la confrérie des Pénitents blancs se tenaient deux fois par semaine[3].
Le catalogue ci-dessus donne le nom de tous les hommes du village et dans les hameaux. La liste commence par les bourgeois jusqu’aux travailleurs, les origines sociales sont multiples. Est pénitent celui qui le veut.
Mes ancêtres siégeaient dans ces assemblées :
François Aymar, marchand (sosa 350)
Pierre Philibert, lieutenant de juge (cad qu’il tenait lieu de juge) (sosa 174)
Ses fils : André-François, Jean Joseph, François, Joseph Philibert
François Audibert, son gendre (sosa 86)
… ainsi que leurs nombreux cousins que je peux situer dans l’arbre généalogique qui devient en partie celui du village.

ND du Beausset ex-voto 1722
http://exvoto.mmsh.univ-aix.fr/

Il semble que les confréries se soient éteintes avec la fin de l’Ancien Régime.
La dernière réunion des Pénitents date du 20 Messidor An II (8/7/1794) à St-Julien. « Quelques membres sont venus, ils ne se sont point trouvés en nombre suffisant pour délibérer, ils n’ont pas ouvert la séance dans les formes, et se sont retirés après avoir lu les papiers publics (et_ (je)[M.Agulhon[4]] suppose _ bavardé un peu entre eux). »

 
Les frères se réunissaient dans cette chapelle des Pénitents de St-Jean[5].
Nous pouvons en trouver des traces de la construction dans les Inventaires des archives communales antérieures à 1790 dits inventaires «Mireur» AD 83, 2MI216R1
Dès 1645, le projet de faire construire la chapelle des Pénitents blancs là où ils trouveront à propos. La délibération dont on peut lire le résumé dans ce registre, prendra plusieurs années.




[1] Maurice Agulhon, Pénitents et Francs-Maçons de l’ancienne Provence, Fayard, 1968, 3e éd 1984.
 « Essai sur la sociabilité méridionale » la thèse de cet historien qui a lancé le premier, le concept de sociabilité ; ce mot a tellement plu qu’on le retrouve partout dans les travaux des historiens et des sociologues.
[2] Agulhon, op cit. p.107
[3] Agulhon, op cit. p.293
[4] Agulhon, op cit. p.303
[5] Abbé V.Saglietto, St-Julien-le-Montagnier dans le Haut-Var, Toulon : Impr. Du Sud-Est,1943, p.70

5 commentaires:

  1. Il me semble avoir déjà rencontré des mentions de Pénitents qui accompagnent le défunt dans des registres paroissiaux de l'Isère. Cette tradition provençale s'est peut être étendue un peu plus au nord ? Mais je n'avais pas prêté attention à ces mentions. C'est très intéressant !

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  2. Cela me plairait de trouver des traces sur un registre paroissial. La référence c'est l'étude de M. Agulhon, je viens de relire l'index des lieux, les pénitents sont une particularité méridionale , mais il y en avait en Dauphiné, à Grenoble, en Savoie à Chambéry, Au Puy-en-Velay

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  3. Voici une référence bibliographique qui peut peut-être vous intéresser :
    Un article intitulé "La ferveur religieuse dans la France du XVIIIe siècle" de Dominique Dinet est paru dans la Revue d'histoire de l'Église de France, 1993, vol. 73, n° 203 - pp. 275-299
    Il est à lire sur http://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1993_num_79_203_1116

    Il y est question bien sûr un peu de la Provence (notamment dans les sources bibliographiques citées)

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  4. Vous avez mis une belle photo d'ex-voto.

    Voir en ce qui concerne les ex-votos provençaux avec une belle présentation visuelle (mais vous connaissez sans doute)
    http://exvoto.mmsh.univ-aix.fr/

    Sur http://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1984_num_39_1_283046_t1_0202_0000_001
    compte rendu sur le livre de Bernard Cousin, Le Miracle et le quotidien. Les ex-voto provençaux, images d'une société.. par Sallmann Jean-Michel. In: Annales. Économies, Sociétés, Civilisations. 39ᵉ année, N. 1, 1984. pp. 202-204.
    et commentaire du même livre sur http://www.culture.gouv.fr/mpe/carto/fiches/81.htm

    http://www.les-oratoires.asso.fr/presentation-ex-voto

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    Réponses
    1. Merci Pixis, pour ces références.
      Effectivement l'ex-voto dont je mets le lien sous la légende provient de l'excellent site de l'université d'Aix-en-Provence: http://exvoto.mmsh.univ-aix.fr/

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