2017-10-16

Fabien Arcelin, un radiologue pendant la Grande Guerre

Les rayons X

Le jeune étudiant se passionne pour les rayons X, la recherche est encore récente puisque les rayons X ont été découverts en 1895.
Fabien a soutenu sa thèse de médecine le 7 février 1906, à Lyon. Dans le laboratoire de l’Hôtel-Dieu, avec d’Etienne Destot, son directeur de thèse, il perfectionne les techniques de radiographie pour étudier les pathologies du cœur et son travail intéresse le milieu médical car les applications sont prometteuses.
En mai de cette même année, il est nommé chef du Laboratoire de Radiologie de l’Hôpital Saint-Joseph à Lyon.

Les 5 pionniers de la radiologie à Lyon

Fabien est le plus jeune des cinq les pionniers de la radiologie : 
Etienne Destot, Victor Despeignes, Antoine Bouchacourt, Claudius Regaud. 
Ils sont actuellement mis à l’honneur dans l’exposition Rayons X aux Archives de Lyon.

Fabien Arcelin 1918

Entre 1914-1919 pendant la Grande Guerre

En 1914, Fabien a 41 ans.
En juin 1914, participant à un congrès, il envoie des cartes postales à sa femme depuis Berlin.

Mais les événements vont se précipiter dans les semaines suivantes.
Le 19 juillet, naissance de son premier enfant Élisabeth.
Le 2 août, déclaration de guerre, les médecins sont tous mobilisés, Fabien est affecté au service radiologie et au centre vaccinogène de l’Hôpital Desgenettes à Lyon qui se trouvait alors sur les quais de Rhône (à l’emplacement de l’actuel  Sofitel).
 .
Sa fiche matricule[1] est riche de renseignements sur ses responsabilités pendant cette période #1GM 

Le 28 décembre 1916 désigné pour équipage radiologique n°2 _1e division technique
Le 27 octobre 1917 promu médecin major 2e classe

Il est démobilisé le 26 octobre1919.


Le travail d'un radiologue #1GM


C'est un travail particulièrement difficile car les blessés affluent à Lyon qui est une ville hôpital réputée pour la qualité des soins.
Le docteur Arcelin contribue à perfectionner la radiologie et pratique la radiothérapie. Il améliore les instruments et le matériel, notamment la table radioscopique[1] «et surtout la rend moins dangereuse» comme on peut le lire dans cet article qui fait l'éloge avec humour.
Gazette médicale janvier 1916 source Gallica (note 1)
Le radiologue est un assistant essentiel pour le chirurgien, son fluoroscope aide à voir les zones à opérer, les balles et même les minuscules éclats d’obus à extraire.


Voici quelques cas, relatés dans La Gazette médicale de Lyon, (source Gallica)
parmi tous les blessés qu’il a contribués à sauver il y a ces hommes :
Soldat M , blessé le 30 décembre 1914. La radiographie pratiquée par M. Arcelin montre une balle de fusil dans la région ombilicale, bon rétablissement après l’opération.
Soldat blessé le 24 août 1914 déplacement de la balle dans la vessie qui a pu être localisée par la radiographie, le malade est opéré le 27/05/1915


Ses confrères sont élogieux mais le docteur Arcelin a déjà compris les risques liés à l’utilisation des rayons X [3] . Il sera le premier à lancer, dès 1911, un sondage auprès de ses confrères sur leur danger.

Sa vie de famille entre 1914-1919


Pour une présentation aux Archives de Lyon, il se trouve que j’étudie actuellement un fonds de correspondance de 1914-18 qui nous donne quelques nouvelles de la famille de Fabien à cette époque. Marie, l’épouse d’un cousin de sa femme, écrit que Thérèse a plus de chance que la plupart des épouses de militaires car son mari est resté pacifiquement à Lyon auprès d’elle. Bien sûr Marie n’est pas consciente du travail formidable du docteur Arcelin qui a sauvé tant de blessés.
Elle nous apprend qu’en 1918 Fabien travaille à l’hôpital de Valence où son mari est muté aussi.
D’ailleurs la famille de Fabien et Thérèse va s’agrandir, en 1915 -1916 et 1918 vont naître successivement Adrien, Suzanne puis Madeleine. Trois autres enfants arriveront les années suivantes. A eux sept ils constituent ce que leur père, trop occupé professionnellement pour les guider, appelle « ma meute ».

Fabien Arcelin est chevalier de la Légion d'honneur le 20/06/1920.



[1] AD71_1R_1896_4779_D

Pour lire l'article intégralement sur Gallica :
Le précédent billet montre la ligne de vie de notre grand-père


Dans le billet suivant , vous lirez ses lettres de collégien précoce

et vous ferez la connaissance de l'élue de son coeur

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